Johnny Stewart a signé une performance sans précédent dans l’histoire du Manx Grand Prix. En remportant le Senior Manx GP, lundi après-midi, le pilote écossais est devenu le premier pilote à gagner quatre courses au cours d’une même édition. Un exploit réalisé au terme d’une semaine parfaite, conclue par une nouvelle démonstration sur le mythique Mountain Course de l’île de Man. Déjà vainqueur des catégories Sportbike, Supersport et Junior, le pilote de Galashiels a complété son impressionnante collection de victoires en dominant la course reine au guidon d’une Ducati Panigale V2. Il s’est imposé devant Eddy Wormald et Graham McAleese, tout en établissant un nouveau record sur les quatre tours du Senior Manx GP.
Un quadruplé inédit en 103 ans d’histoire du Manx GP
Avant cette édition 2026, aucun pilote n’était parvenu à remporter quatre courses pendant la même semaine du Manx Grand Prix. Johnny Stewart avait déjà marqué les esprits le samedi en devenant le premier concurrent à signer deux victoires le même jour, dans les épreuves Sportbike et Supersport. Lundi, il a égalé dans un premier temps la performance réalisée par Dan Kneen en 2008 en remportant une troisième course, le Junior Manx GP.
Il lui restait encore à disputer le Senior Manx GP, considéré comme la course majeure de l’événement. Malgré l’enjeu et la pression, l’Écossais a livré une prestation extrêmement maîtrisée. Sa quatrième victoire lui permet d’inscrire son nom dans les annales d’une compétition dont la première édition remonte à 1923.
Une course menée avec autorité
Disputé dans d’excellentes conditions météorologiques, le Senior Manx GP s’est déroulé sur quatre tours du Mountain Course. Ce tracé routier de 60,725 kilomètres, empruntant les routes de l’île de Man, reste l’un des circuits les plus longs et les plus exigeants au monde.
Johnny Stewart a immédiatement pris le contrôle de la course. Dès son premier passage, bouclé à une moyenne de 121,585 mph, soit environ 195,7 km/h, il possédait déjà 12,508 secondes d’avance sur Eddy Wormald. Ce départ rapide ne relevait pourtant pas d’une prise de risque désordonnée. Stewart a expliqué après l’arrivée avoir cherché avant tout à trouver son rythme, puis à conserver une grande régularité. Cette gestion s’est révélée particulièrement efficace sur un parcours où la moindre erreur peut coûter plusieurs secondes, voire provoquer un abandon.
Au deuxième tour, le pilote de la Ducati a encore augmenté la cadence. Il a réalisé le meilleur tour de la course en 18 minutes 32,997 secondes, à une moyenne de 122,038 mph, soit près de 196,4 km/h. Stewart n’est ainsi passé qu’à un dixième de seconde du record du tour détenu dans la catégorie Senior. Son avance atteignait alors 27,422 secondes sur Wormald. Après le passage aux stands et le troisième tour, elle dépassait les 32 secondes. Le dernier passage, effectué à 121,062 mph, lui a permis de sécuriser définitivement la victoire sans avoir à prendre de risques supplémentaires.
Un nouveau record pour le Senior Manx Grand Prix
Johnny Stewart a terminé les quatre tours en 1 heure 15 minutes et 24,360 secondes. Il améliore ainsi de près de 33 secondes le précédent record de la course, établi par Caomhan Canny en 2025. À l’arrivée, son avance sur Eddy Wormald s’élevait à 35,823 secondes. L’écart illustre l’ampleur de sa domination dans une épreuve où ses principaux adversaires ont pourtant eux aussi évolué à un niveau particulièrement élevé.
Cette victoire revêt également une dimension technique. La Ducati Panigale V2 confiée à Stewart par l’équipe de Jamie Cringle lui a permis de se montrer performant aussi bien dans les portions rapides que dans les secteurs plus sinueux. Le travail consacré aux réglages, notamment au niveau des suspensions, a joué un rôle important dans la stabilité et la régularité de la moto sur l’ensemble du parcours.
Wormald et McAleese se disputent le podium
Si la première place a rapidement semblé promise à Johnny Stewart, la lutte pour les deux autres marches du podium est restée ouverte beaucoup plus longtemps.
Eddy Wormald, engagé sur une Suzuki GSX-R750, a consolidé sa deuxième place en réalisant notamment le premier tour à plus de 120 mph de sa carrière. Une étape symbolique pour le pilote du Bedfordshire, qui a terminé sur le podium lors des quatre courses de cette édition malgré les moyens limités de son équipe autofinancée.
Derrière lui, Graham McAleese s’est montré menaçant au guidon de la Yamaha R6 de MD/GMAC Racing. Un excellent arrêt de son équipe lui a permis de ramener son retard sur Wormald à environ trois secondes au début du troisième tour.
Wormald est néanmoins parvenu à maintenir l’écart. Il a conclu son dernier tour à 120,724 mph et conservé la deuxième place pour 10,844 secondes.
McAleese a connu une fin de course plus préoccupante. Le voyant de carburant de sa Yamaha s’est allumé alors qu’il se trouvait à Ramsey, lors du dernier tour. Le pilote nord-irlandais a toutefois réussi à rejoindre l’arrivée et à préserver sa troisième position.
Gabriel Pons dans le top 6
Les trois premiers ont creusé une différence nette avec le reste du peloton. Owen Monaghan a terminé quatrième sur la Suzuki GSX-R750 de l’équipe AC Racing, devant Harley Rushton, cinquième au guidon d’une Kawasaki 636.
Le Français Gabriel Pons s’est distingué en prenant la sixième place sur une Honda CBR600. Pour sa première participation au Manx Grand Prix, il a réalisé une course solide et régulière, conclue par une entrée remarquée dans le top 6 de l’épreuve principale.
Kevin Lavery a terminé septième. Le pilote de Dungannon avait déjà créé la surprise en décrochant un podium dès ses débuts dans la course Sportbike du samedi. Un autre nouveau venu, Laurent Hoffmann, a pris la huitième place malgré une pénalité reçue pour excès de vitesse dans la voie des stands.
La course a en revanche pris fin prématurément pour Chris Cook. Deuxième du Senior Manx GP en 2025, il a été contraint à l’abandon dès le premier tour.
Une victoire chargée d’émotion
À son retour dans l’enceinte réservée aux vainqueurs, Johnny Stewart a été accueilli par les applaudissements du public et le son des cornemuses. Visiblement ému, il a reconnu qu’il lui serait difficile de vivre à nouveau une semaine comparable.
Le pilote écossais a également révélé avoir ressenti une forte pression avant le départ du Senior. Après sa victoire dans le Junior, l’idée d’un quadruplé historique était devenue concrète. Une discussion avec David McArthur l’a aidé à retrouver son calme et à aborder la course comme une séance de qualification, en se concentrant uniquement sur son pilotage et sa régularité.
Cette réussite est aussi celle d’un pilote qui doit encore réunir lui-même une partie importante de son budget. Stewart a rappelé le rôle essentiel joué par ses proches, ses amis et ses différents soutiens financiers. Il a également rendu hommage aux frères Cringle, qui lui ont donné l’occasion de piloter la Ducati V2 et lui ont apporté leur expérience dans la mise au point de la machine.
Une performance susceptible d’ouvrir de nouvelles portes
Johnny Stewart avait fait de la saison 2026 un tournant potentiel dans sa carrière. Il avait engagé des moyens importants avec l’espoir d’attirer l’attention d’équipes et de partenaires capables de l’accompagner vers un programme plus ambitieux.
Difficile d’imaginer meilleure démonstration : quatre départs, quatre victoires, le record du Senior Manx GP et une place définitive dans l’histoire du Manx Grand Prix. Au-delà des résultats, Stewart a impressionné par sa capacité à s’adapter à différentes catégories et à conserver le même niveau de performance tout au long de la semaine.
L’Écossais doit désormais retrouver son ancienne Kawasaki à l’occasion de la Gold Cup de Scarborough. Mais quels que soient ses prochains résultats, son édition 2026 du Manx Grand Prix restera une référence. En l’espace de quelques jours, Johnny Stewart est passé du statut de sérieux prétendant à celui de figure historique de la compétition.